Peut-on transformer les déchets plastiques en médicament contre la maladie de Parkinson ?
Des scientifiques ont réussi à convertir des déchets plastiques en un traitement essentiel pour la maladie de Parkinson. Cette avancée repose sur l’utilisation de bactéries génétiquement modifiées capables de transformer un composant du plastique en levodopa, une molécule utilisée depuis des décennies pour soulager les symptômes de cette maladie neurodégénérative.
Le plastique, notamment celui des bouteilles ou des emballages, contient un composé appelé acide téréphtalique. En utilisant des bactéries comme Escherichia coli, les chercheurs ont conçu un processus biologique qui décompose cet acide en plusieurs étapes. D’abord, il est converti en une substance intermédiaire, puis en catéchol, avant d’être transformé en levodopa. Pour optimiser cette production, les scientifiques ont réparti les étapes entre deux souches bactériennes distinctes. Cela évite les blocages qui pourraient ralentir ou stopper la réaction.
Un des défis majeurs était de faire entrer efficacement l’acide téréphtalique dans les bactéries. Les chercheurs ont intégré un transporteur spécialisé dans la membrane des bactéries, améliorant ainsi l’absorption du composé. Ils ont aussi découvert que certaines molécules intermédiaires inhibaient la production de levodopa. En séparant les étapes dans deux types de bactéries différentes, ils ont contourné ce problème et obtenu des quantités significatives de médicament.
Le processus fonctionne dans des conditions douces, sans produits toxiques ni températures extrêmes. Il a permis de produire jusqu’à 5 grammes de levodopa par litre de culture, une quantité suffisante pour plusieurs doses thérapeutiques. Les déchets plastiques utilisés proviennent aussi bien de l’industrie que de bouteilles usagées, démontrant la faisabilité du recyclage à grande échelle.
Pour rendre ce procédé encore plus durable, les chercheurs ont testé l’utilisation de microalgues. Ces dernières captent le dioxyde de carbone libéré pendant la transformation, réduisant ainsi l’empreinte carbone du processus. Bien que cette approche soit encore en développement, elle ouvre la voie à une production plus respectueuse de l’environnement.
Cette innovation ne résout pas à elle seule le problème des déchets plastiques, mais elle montre comment la biologie synthétique peut donner une seconde vie à des matériaux polluants. En transformant des déchets en médicaments, cette technique combine recyclage et santé publique, offrant une alternative aux méthodes traditionnelles qui dépendent des ressources fossiles. Elle illustre aussi le potentiel des micro-organismes pour créer des produits à haute valeur ajoutée à partir de matières considérées comme des rebuts.
Références des contenus
Référence officielle
DOI : https://doi.org/10.1038/s41893-026-01785-z
Titre : Microbial upcycling of plastic waste to levodopa
Revue : Nature Sustainability
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Benjamin Royer; Yuta Era; Marcos Valenzuela-Ortega; Thomas W. Thorpe; Connor L. Trotter; Kitty Clouston; John F. C. Steele; Nicoll Zeballos; Eugene Shrimpton-Phoenix; Bhumrapee Eiamthong; Chayasith Uttamapinant; Christopher W. Wood; Stephen Wallace